BUREAU CYLINDRE

MEDAILLON ET MARQUETERIE DE TREILLAGE

Ferdinand BURY

Le bureau cylindre estampillé Ferdinand BURY que nous présentons est magnifique.

Un meuble identique est illustré dans l’ouvrage de référence du mobilier du XVIII° siècle de Pierre Kjellberg (Nouvelle édition 2008).

– Son état de conservation est parfait.
– Ses bronzes sont finement ciselés et dorés.
– Il est reverni au tampon.

Un savant équilibre de créativité technique et artistique illustrant l’art de la marqueterie, où les bronzes soulignent discrètement l’architecture épurée du style Louis XVI

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Description

Un important bureau cylindre au décor de treillages et médaillon  marqueté toutes faces estampillé Ferdinand BURY d’époque Louis XVI

Le cylindre est centré d’un large médaillon ovale marqueté et ombré au sable chaud présentant le décor d’un trophée d’attributs de la musique : partitions, instruments à vents ou à cordes, tambourin sont soutenus par un nœud rubané à glands dans un environnement de fleurs et feuillages sur un fond de frisage en bois de rose à la verticale, dans un entourage de filets clairs. Pour les essences bois du médaillon : de bois de rose, érable au naturel et érable teinté vert, acajou satiné, poirier, amarante. Ce médaillon est inscrit dans une composition de larges treillages losangés en bois de satiné et entourages de double filets d’amarante.

Ouvert, le cylindre démasque le serre-papiers composé de trois tiroirs juxtaposés en frisage en fil contrarié de satiné dans des encadrements de d’amarante en bois de fil. Ils sont surmontés de trois niches. La tablette écritoire de travail sur glissière est garnie d’un cuir fauve doré aux petits fers dans un entourage d’amarante. Une fois entièrement tiré, il simule à la butée, trois tiroirs juxtaposés aveugles identiques à ceux du serre-papiers. Son chant est agrémenté d’un demi-jonc en bronze doré à décor de frise de piastres. De part et d’autre, une grande tirette latérale, également garni d’un cuir havane.

Il est surmonté par un gradin rectangulaire, avec en façade, trois tiroirs rentrants juxtaposés en marqueterie de croisillons et intercalés par des réserves. Il est ceint d’une galerie en bronze ajouré et doré continu sur les trois faces. Le dessus en frisage en quartefeuille de satiné, encadré par des filets clairs et plate-bande d’amarante.

La partie inférieure ouvre par deux caissons à deux tiroirs superposés encadrant un tiroir central de plus grande longueur, également en marqueterie de treillages losangés. Deux écoinçons aux bronzes d’acanthes viennent enrichir le bas du tiroir à genoux.

Les parties latérales sont parées de trois réserves à la marqueterie en croisillons identique à celle présente sur toute la façade.
Le dos est en frisage de satiné en quarte feuille dans un entourage de bandes d’amarante.
Il pose sur quatre hauts pieds fuselés quadrangulaires à réserve de satiné et bande d’amarante.

Une garniture de bronzes ciselés et dorés vient parfaire l’élégance de notre bureau cylindre. Nous y trouvons une double inspiration : végétale et néoclassique, soit deux thèmes ornementaux extrêmement chers à l’époque Louis XVI. Demi-joncs de rangs de piastres aux parties médianes des côtés qui se poursuivent sur la façade, chapiteaux quadrangulaires à perles et glyphes à l’amortissement des pieds, petits boutons de tirage, entrées de serrures à feuillages et médaillon perlé soutenu par un ruban, mains de préhension feuillagées finement ciselées, chutes d’acanthes et rosace enroulées sur une longue tige, sabots enchâssés au décor d’acanthes sur petits patins.

Estampille de Ferdinand BURY
1740 – 20 janvier 1795
Maître le 27 juillet 1774

Travail parisien d’époque Louis XVI

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Ferdinand BURY
Dit «Ferdinand »
Né en 1740, il est mort à Paris en janvier 1795
Il a obtenu la Maîtrise le 7 juillet 1774

Il s’installe rue de Charonne. Outre les pièces importantes en marqueterie, il fabriquait abondamment des petits meubles à mécanismes, comme des guéridons à crémaillère, des tables mécaniques, des coffres à secrets ; aussi employa-t-il surtout des ouvriers de nationalité allemande aux aptitudes spéciales pour ces ouvrages particuliers. Ses bronzes parvenaient principalement de chez André-Antoine Ravrio, brillant ciseleur dont la réputation égalait celle de Thomire. Par le soin que Ferdinand BURY apportait à ses travaux, il jouissait d’une grande réputation. Les plus belles pièces frappées de son empreinte présentent de riches revêtements en mosaïque de bois des Indes. Ferdinand BURY collabora avec Jean-Henri Riesener. Le comte Isaac de Camondo légua au musée du Louvre, une commode portant les deux estampilles, ce qui atteste la collaboration de ces deux maîtres.

En effet, on retrouve encore le cachet de Riesener à côté du sien sur certaines pièces qui portent la marque royale de Versailles (D. Alcouffe, Collection de Meubles au Louvre, Dijon, 1993, page 269).  L’absence du registre du commerce ou de dettes de clients privés confirme que F. BURY travaillait exclusivement avec le commerce et ses collègues ébénistes, ainsi que les marchands merciers, dont Dominique Daguerre.

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La combinaison des différentes techniques utilisées pour parer notre bureau, dont celle du frisage, du jeu de fond et de la marqueterie « peinture en bois » illustre l’art inégalable des plus habiles marqueteurs parisiens du XVIII° siècle.

On peut noter que les motifs losangés en camaïeu aux teintes chaudes ainsi que la polychromie de l’ovale au trophée d’attributs de la musique apporte un délicat rayonnement de gaieté et de douceur sur un meuble absolument architecturé. Le choix de ces losanges enrichis d’un entourage de triple filets sont disposés horizontalement. Cette manière apporte un visuel parfait de la cohésion des volumes.
L’œil est conquis.

Des réalisations exceptionnelles de Ferdinand BURY ?
Pour le marquis de Marigny, le marquis de Mailly-Nesle, du duc de Brissac, ou encore dans la collection Espirito Santo.
Il est le maître de référence incontesté des bureaux cylindres.

Et des plus somptueux bureaux cylindres.
Un exemple, avec la vente Property of Private Collector, Exceptional Sale, Christie’s New York du 11 décembre 2014, le résultat est de 461 000 $.
Provenance :
– Prince Anatol Demidoff
– Château de Ferrières en Seine et Marne, successivement Baron Alphonse de Rothschild, Edouard de Rothschild et Baron Guy de Rothschild.
Un exemple majeur de la renommée de Ferdinand BURY
Voir la photo Christie’s Internet de cette pièce

Nous pouvons dire que notre bureau, portant le fer de Ferdinand BURY, présente le même format, la même structure et les mêmes dimensions que cet exceptionnel bureau cylindre. Mais ne comparons que ce qui est comparable ! Ne serait-ce que la réalisation, le prix et la provenance de ce chef d’œuvre d’époque Louis XVI.

Nous n’en n’avons pas l’impudence ! Mais gardons toujours notre sensibilité pour la quête d’œuvres d’art de qualité patrimoniale.

MUSEES :
Paris, Arts décoratifs
Paris, Musée Cognacq-Jay
Paris, Musée du Louvre

    1. NB. Rappelons que nous devons à Riesener la conception du bureau cylindre que nous connaissons aujourd’hui. En effet, en reprenant le système mis au point par Oeben dans sa construction du bureau du Roi sous le règne de Louis XV, il transforma subtilement le système de lattes par un volet semi-cylindrique.

Références bibliographiques :
KJELLBERG, P. Le mobilier français du XVIII° siècle. Paris: Les éditions de l’amateur.
SALVERTE, C. F. (1953). Les ébénistes du XVIII° siècle, leurs oeuvres et leurs marques. Paris: Vanoest, Les éditions d’art et d’histoire.