COMMODE ECRITOIRE

Commode Montigny

Commode écritoire estampillée MONTIGNY et JME d’époque Louis XVI

Une très rare et précieuse petite commode à encadrement dite « d’entre-deux » et formant écritoire. Elle est en marqueterie de bois de rose et de bois d’amarante. D’époque Louis XVI, elle est estampillée Philippe-Claude MONTIGNY.

La façade à ressaut rentrant ouvre par trois tiroirs de long sans traverse. Le tiroir écritoire supérieur sous le marbre, de petite hauteur, démasque une composition tripartite avec au centre un pupitre gainé d’un cuir ancien de couleur Bordeaux et doré aux petits fers. Il est encadré par deux compartiments rectangulaires. Une fois levé, le plateau de l’écritoire révèle un casier de rangement. Les deux tiroirs inférieurs, de plus hautes proportions sont en placage de bois de rose dans un encadrement en réserve de bois d’amarante et délimité par une fine baguette moulurée aux quatre angles rentrants; ce décor qui inclut le tiroir écritoire, crée un tableau central à l’harmonie contrastée apportée par ces deux essences de bois.

Cette façade est ponctuée et enrichie par une parcimonieuse utilisation d’un décor de bronzes très finement ciselés et dorés, tels rosettes en écoinçons, six anneaux de tirage feuillagés ciselés sans disque central, dont deux de plus petits diamètres proportionnés à la hauteur du tiroir supérieur. Trois entrées de serrures en laiton fondu « en blason » ciselées, sont incrustées, laissant une lecture parfaitement fluide de ce tableau, par leur disposition et leur volume contrastés. Le jeu de bronzes légers anime la façade.

Il faut noter que le décor particulier, rythmé du tiroir supérieur suggère – par un intervalle non plaqué de bois de rose – le visuel de deux petites tiroirs et leur anneau de tirage.

Elle pose sur quatre puissants pieds en gaine de section carrée à diminution à angles rentrants marquetés de bois d’amarante sur le replat des quatre faces, et de bois de rose pour l’intérieur des angles rentrants. Ils sont terminés par des sabots à section carrée également à angles rentrants et terminés en boule aplatie, particularismes de bronzes propres au maître Pierre-Charles MONTIGNY. Le haut des pieds se raccorde avec un bronze fondu qui s’oblige donc à être architecturé.

Le replat supérieur des montants antérieurs accueille d’une chute de guirlande en draperie.

Les côtés reprennent le schéma de l’encadrement de la façade ù nous retrouvons les essences de bois identiques, et le décor des rosettes en écoinçon.

Exceptionnel état de conservation

Epoque Louis XVI

Estampille de Philippe-Claude MONTIGNY et poinçon JME de la Jurande.

– Estampillée deux fois sous le marbre.

Elle est coiffée d’un marbre bèche d’Alèp mouluré à bec de corbin.

Deux pastilles sont collées, partiellement dégradées,  mais bien lisibles, sur le montant arrière droit et dans le tiroir écritoire du casier latéral droit. 

Dimensions:
Hauteur : 86 cm
Largeur : 77 cm
Profondeur : 43 cm

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Cette création de type néoclassique, de grand goût et de qualité musée a fait partie de l’exposition intitulée Art Treasures Exhibition qui a été tenue du 24 mai au 7 juin 1967 à New York, Parke-Bernet Galleries par les membres de the Nationale Antique Art Dealers Association  of America (NAADAA) et des collectionneurs privés internationaux de grands noms tels Guggenheim, Parke-Firestone, Astor, Von Bulow, le duc de Bedford, Kaplan, Hearst, Chrysler-Gabisch, le duc de Bedford…

Notre commode est illustrée dans le catalogue de cette l’exposition sous le numéro 123. Elle a été présentée par Garrick C. STEPHENSON, antiquaire et décorateur américain de renom international. Ce dernier étant décrit par le cercle des collectionneurs, marchands d’art et décorateurs comme « l’arbitre du goût».

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Philippe-Claude MONTIGNY :
1734-1800
Reçu à la maîtrise en 1766

Fils de Louis MONTIGNY, ébéniste privilégié du Faubourg Saint-Antoine, et apparenté à Noël Gérard et Jacques Dubois – dont il apposa son estampille à plusieurs reprises avec ce dernier -, Il collabora avec les plus grands marchands-merciers parisiens de son époque. Ebéniste audacieux au corpus restreint, il appartient au très convoité cercle élitiste des modernistes qui a su rompre délibérément avec le style rocaille pour magnifier un style Louis XVI d’avant-garde. Le style Louis XVI avant le règne de Louis XVI.